Semaine du 15 au 21 mars 2004 (1)

En avance sur leurs concurrents, les libéraux brabançons viennent d'ouvrir le feu sous forme d'un tract de couleurs gris-muraille augurant mal de la chance et du succès. Mais contre mauvaise fortune, il faut faire bonne figure et on y a mis les moyens avec un "toutes-boîtes" de douze pages se voulant être un "journal citoyen". Quel est l'objet d'une feuille imprimée, sinon d’être destinée aux lecteurs-citoyens? Voilà une épithète passe-partout et sans signification précise dont on use à toutes les sauces.

A propos de "citoyen " ou de"citoyenneté", les éditeurs de ces feuilles auraient pu faire une discrète allusion à l'un des leurs et, non des moindres, qui, après avoir été leur guide et assumé de hautes fonctions de ministre et de président de région a totalement disparu dans la nature. Est-il oublié ou absous peut-être? On le saura plus tard. Mais de grâce, que l'on évite de parler d'un Ducarme chaussé ou déchaussé, à la veille d'une campagne électorale qui est tout, sauf gagnée!.

Apparemment l'incident ne porte guère préjudice aux candidats ordinaires qui tentent, tant bien que mal, de dissimuler leur malaise. Sans doute, les photos, oeuvres de professionnel, sont de bonne facture, mais les visages sont peu illuminés ou bien figés dans une sorte de moue ou parfois même d'hilarité de circonstance. L'humeur est à peine meilleure du côté des grandes vedettes qui ont sans doute plus de bouteille pour cacher leurs sentiments. Mais ce n'est guère plus convaincant.

Louis Michel est devenu plus modeste: fini les grandes photos couvrant des pages entières, cela viendra sans doute plus tard ! Ni poignées de mains, ni courbettes non plus devant des autorités de pays visités. Tout cela a déjà été vu dans toutes les gazettes. Tout récemment encore, on a eu le récit de déplacements purement protocolaires au Maroc et puis à l'ile de Chypre où notre excellence était venue, selon sa propre expression, apporter son "expertise en matière communautaire" . Il est vrai qu'en cette matière, notre réussite est une denrée exportable.

Néanmoins, en avant dernière page du follicule, notre ministre ne résiste pas au plaisir de figurer parmi les autres gros bras de sa province. C'est ainsi qu'on peut l'apercevoir dans un duo mélancolique avec à une élue, Valérie De Bue qu'un tel patronage semble plutôt rassurer. Par contre le ministre Kubla qui partage son sort avec le rigolard Charles Michel ne semble pas au plus haut zénith. La crainte de la perte d'un porte-feuille, suite à un changement de majorité au Conseil régional, est sûrement la cause de cette baisse du moral.

Par contre, cette éventualité n'affecte nullement son co-équipier régional Charles, moins talentueux que lui, lequel est obligé de reconnaître que la réforme des provinces, tentée à grand bruit, s'est limitée à finalement à un "dépoussiérage". Autant dire rien du tout. Une issue prévisible compte tenu des blocages de tous les partis y compris du sien. Il a été aussi l'auteur d'une initiative que les francophones lui pardonneront peu d'envoyer 500 chèques de 10 € à des bibliothèques wallonnes pour acquérir des livres flamands. Cela à charge des contribuables wallons. Une réalisation dont on n'aurait rien su sans une indiscrétion de la presse flamande!

Pas de chance le petit Michel? Heureusement que papa veille. Il y a la succession sans cesse reportée à la mairie de la capitale brabançonne. Encore un peu de patience, l'heure sonnera un jour...

Pierre Bary



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