Actualités
Semaine du 22 au 28 mars 2004
Les ravages du clientélisme en Wallonie
A la veille du prochain scrutin du 13 juin prochain, le torchon brûle au sein de la majorité MR-PS au Conseil régional wallon. C'est même la guerre franchement déclarée entre le locataire de l'Elysette, Van Cau, revenu aux sources d'un régionalisme étriqué et le fils à papa Michel qui n'a rien trouvé de plus original que de faire financer par la communauté, l'acquisition de livres flamands destinés aux bibliothèques wallonnes. Quand verra-t-on, en réciprocité, un homologue flamand agir en faveur de bibliothèques francophones de la périphérie bruxelloise? Autant rêver...
Ce qui oppose aujourd'hui les deux excellences du gouvernement wallon, ce n'est pas un débat de fond sur un orientation politique: l'une socialiste et l'autre libérale. Non détrompez-vous. Ce n'est rien d'autre qu'une lutte d'influence pour occuper le pouvoir et le coloniser par des créatures parachutées à tous les niveaux des pouvoirs régionaux. Et comme on a pu le voir cette semaine, au cours d'un débat public, aucun des deux interlocuteurs précités ne badine avec ces choses là.
Si encore à travers ces controverses de pouvoir, on constatait que l'argument de capacité et de compétence prévalait par rapport à un titre d'appartenance à une officine politique, on pourrait n'attacher qu'une attention toute relative à la gueguerre Van Cau-Michel . Malheureusement ce n'est pas le cas. Et l'on peut même ajouter que ce gâchis obère très lourdement les finances wallonnes. Un constat que fait, ces jours-ci, l' associations des fonctionnaires francophones, dans la dernière livraison de leur mensuel "Diagnostic" .
Ayant constaté que depuis vingt ans la région est devenue "un laboratoire de politisation", et qu'aucun mieux n'a été observé, au terme de la législature arc-en-ciel, durant laquelle a été mis en place un gouvernement pléthorique de huit ministres (épaulés par 600 attachés de cabinet), tout ce monde, souligne la revue, pour remplir la tâche de deux cabinets fédéraux. Et à quel prix? De 150 à 200 millions d'euros qui auraient pu être utilisés plus efficacement et à charge des contribuables wallons. En douze ans, les effectifs de la région ont pratiquement doublé, sans que les services n'aient gagné en efficacité. Au mépris de toutes les règles, on a procédé à des recrutements de contractuels "pour la plupart politisés et redevables de leur emploi à un quelconque baron du régime."
Quant aux fonctionnaires régulièrement nommés, ils assistent impuissants à ce que "Diagnostic" appelle "le coma clinique de l'administration wallonne". Et rien ne permet d'imaginer que cela va changer parce que, affirme la revue, sous l'empire des deux familles dominantes, socialiste et libérale, on va assister, comme cela a été le cas à la Communauté française, "à une farce complète en vue de l'appropriation des emplois publics par des appareils de partis." Par ailleurs divers "machins" (tels que la Société de crédit social, l'audit des fonds européens, etc) ont été créés comme "réceptacles pour caser les amis et camarades et tout un monde clientéliste et parasitaire".
Et l'organe des fonctionnaires wallons conclut qu'à l'heure où la Flandre est en quête d'autonomie et d'un meilleur usage de ses flux financiers, la Région wallonne ne pourra pas indéfiniment échapper "à l'évaluation du coût de ses cabinets et de son administration." Un appel désespéré , mais qui arrive un peu tard pour être entendu. Certes tout est à reconstruire dans un esprit et une largesse de vue que seul le RWF offre aux Wallons en quête d'une patrie à aimer.
Retour à la page d'accueil