Semaine du 29 au 5 décembre 2004
Un pas de clerc princier
Notre prince a été bien mal inspiré, à l'heure de prendre congé de la délégation d'hommes d'affaires belges qu'il avait accompagnés, lors d'un voyage promotionnel en Chine. Au lieu de commenter les résultats, sans doute positifs, de ces rencontres loin de nos frontières, l'héritier du trône s'est jeté, la tête la première, dans l'arène communautaire en s'en prenant vivement au séparatisme du Vlaams Belang. Une prise de position non surprenante de sa part et qu'on pourrait qualifier de non-événement, si elle n'avait produit une telle onde de choc.
Même si aujourd'hui, après les mises au point du Premier ministre, l'incident est jugé clos, il n'en reste pas moins vrai qu'il a créé un trouble qui est loin d'être dissipé. Il a contribué -involontairement sans doute- à donner la vedette à ce parti extémiste qui est à la "une" des médias, depuis le lendemain du 13 juin et qui bénéficie ainsi d'une publicité continue, sans même bourse délier.
Si les paroles princières ont été généralement bien accueillies dans le monde wallon et francophone, elles ont contribué à élargir le fossé entre les deux communautés. D'un côté, on ne demande qu'à être rassuré dans le maitien du statu quo. Une attitude de bienveillance qui est considérée de l'autre côté, comme hautaine et méprisante. Elio en sait quelque chose!
Que l'on reparle du Vlaams Belang, objet de la controverse actuelle! Bas les pattes! Crie-t-on de l'autre côté de la frontière linguistique! C'est notre affaire et nous nous en occuperons seuls! Surtout que personne ne vienne s'en mêler, aussi haut placé soit-il! C'est la position que la plupart des médias flamands n'ont cessé de répercuter, cette semaine. Et pour que rien ne manque, la majorité politique en Flandre ( à l'exclusion de Groen) a maintenu le financement de ce parti à son niveau antérieur. On ne lui coupera donc pas les vivres de si tôt...
Pierre Bary, Wavre
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