Semaine du 3 au 9 janvier 2005

Interview du Président du RWF, Claude Thayse, accordée au quotien flamand "De Tijd" et publiée en page 3 de son édition du 3 janvier 2005

(la version originale flamande suit la traduction en français)


Traduction en français (par Laurent Brogniet)


Nous ne pouvons pas rester belges tous seuls!

Le RWF/RBF prépare l’opinion publique francophone à la réunion de la Wallonie (et de Bruxelles, si les Bruxellois le souhaitaient) à la France.

L’arrêt du Conseil d'État à propos de la circulaire Peeters le prouve une fois de plus: la Flandre est en marche vers son indépendance. Mais, une fois l’indépendance de la Flandre acquise, qu’adviendra-t-il des francophones? Une Wallonie indépendante ou une « petite Belgique continuée » constitue une possibilité. Une bien meilleure solution consiste en la réunion de la Wallonie à la France nous dit Claude Thayse, le nouveau président du Rassemblement Wallonie-France - Rassemblement Bruxelles-France (RWF-RBF). Son ambition est claire : préparer les francophones à la fin de la Belgique.

Les arrêts du Conseil d'État au sujet des circulaires Peeters et Martens s'apparentent à un tsunami communautaire. Le climat va-t-il ensuite se calmer ou au contraire s’échauffer d’avantage ? La fin de la Belgique a déjà souvent été annoncée et pourtant ce pays subsiste encore.

Claude Thayse : « C’est précisément ce que les partis francophones traditionnels disent. Ils maintiennent les Wallons et les Bruxellois dans l'ignorance. Nous voulons que les Wallons et les Bruxellois soient préparés à la fin de la Belgique. Le gouffre entre les Flamands et les Francophones s’accroît chaque jour un peu plus. Nous nous dirigeons vers une séparation à l’amiable. Tôt ou tard, les partis flamands traditionnels mettront les revendications communautaires du Vlaams Belang à l'ordre du jour des discussions communautaires, tandis que les partis francophones traditionnels continueront de promouvoir l’unité d’une nation belge qui n’a jamais existé. Fait symptomatique: les partis flamands ont envoyé leurs poids lourds au gouvernement flamand, alors que les francophones envoient leurs poids lourds au gouvernement fédéral.

Les partis francophones traditionnels rejettent la responsabilité de tout ce qui va mal dans ce pays sur les Flamands. Mais cela n'est pas correct. Car si cela va mal dans l'enseignement francophone, si la lutte contre le chômage est inefficace en Wallonie et à Bruxelles, si la politique culturelle est un désastre ... , c’est de la faute des francophones eux-mêmes. Tout cela est de leur seul et unique ressort. Non, les Flamands ne sont pas nos ennemis! Non, nous ne considérons pas les Flamands comme des empêcheurs de tourner en rond et nous considérons leur désir d’un accroissement de leur autonomie comme tout à fait légitime, aussi longtemps que cela se fait dans le strict respect des Droits de l’Homme.

Vous succédez à Paul-Henry Gendebien en tant que président du parti. Ne croit-il plus à la cause que vous défendez ?

Thayse: « Bien sûr que si, plus que jamais même. Mais, comme fondateur du Rassemblement Wallon il s’est fait pas mal d’ennemis à l’époque. Il pense que sa personne pourrait constituer un obstacle à l'élargissement du parti. En outre, avec le passage de témoin il a souhaité donner un signal clair, le RWF n’est pas le parti d’un seul homme. »

Qui s’affilie au RWF/RBF ?

Thayse : « Nous avons deux sortes de membres. Premièrement, des citoyens qui constatent qu’il serait stupide pour les Wallons et les Bruxellois de rester bêtement belge tout seuls une fois la Flandre devenue indépendante. N’oublions pas que le nationalisme wallon n'a jamais existé alors que la Wallonie a toujours eu des affinités particulières pour France. Deuxièmement, et c'est plus récent, des citoyens qui ont tout simplement peur du Vlaams Belang. Je suis toutefois conscient que l’on ne construit rien sur la crainte et ces nouveaux membres ne le resteront sans doute pas longtemps. »

Vous ne considérez donc pas l’indépendance de la Wallonie ou de l’ensemble Wallonie/Bruxelles comme une possibilité. Est-ce un ensemble trop petit pour être viable économiquement ?

Thayse : « L’indépendance de la Wallonie et de Bruxelles est une des possibilités pour l’après- Belgique, mais cela n’est certainement pas la solution que nous préconisons. En tout premier lieu parce que l'indépendance coûterait très cher aux Wallons. Nos économistes ont calculé que si l’on se basait sur les montants des transferts actuels, tels que calculés par les experts de la KBC, une Wallonie indépendante devrait augmenter les impôts de 16 à 20 % pour survivre. Ensuite nous sommes convaincus que nous nous sentirions plus à l’aise dans un ensemble plus grand, un ensemble où l’on parle français. Il est frappant de constater que beaucoup de francophones partagent notre analyse, tout en ajoutant que le moment n’est pas encore venu. Ils ont tort ! La Belgique est une invention anglaise vielle de 175 ans, faite pour contrer la France de l’époque. Cela ne peut pas continuer. Les mentalités doivent changer. »

Comment pensez-vous pouvoir préparer les francophones à la fin de la Belgique ?

Thayse : « En les sensibilisant aux différents problèmes qui se posent et en se rapprochant d’eux. Jusqu’à présent nos activités étaient fort centralisées. Nous allons à présent désigner des personnes de contact partout en Wallonie et à Bruxelles. Celles-ci réagiront systématiquement aux événements politiques et socio-économiques qui se produisent dans leur entourage. Cela fera sans nul doute réfléchir les gens. Notre force, c’est notre sincérité. Nous ne briguons aucun mandat politique. Nous avons seulement un message politique de bon sens à faire passer. Nous avons tous déjà une profession que nous aimons et que nous souhaitons garder. »

L’état français vous soutient-il ?

Thayse : Nous ne sommes pas financés par le Quai d'Orsay. Non pas que les Français n’éprouvent pas d'intérêt pour nous. Mais il existe une règle, celle de la non-ingérence d’un état dans les affaires intérieures d’un autre état. De plus, si les Français nous offraient de l’argent pour financer notre action, nous refuserions. Nous ne voulons à aucun prix, les mettre en difficulté.

Pourquoi la France serait-elle intéressée par la Wallonie et Bruxelles ?

Thayse : Il n’existe pas de pays qui ne souhaite grandir. Un plus grand pays signifie pour lui plus de poids dans l'Union Européenne. En outre, la France élargie à la Wallonie lui permettrait de se rapprocher des centres de décision européens, Bruxelles notamment, et d’avoir une plus large frontière avec l’autre moteur de la construction européenne, l’Allemagne. Pour finir, il ne faudrait pas oublier que le savoir-faire wallon est largement reconnu en France. 40 % des sociétés wallonnes sont dans des mains françaises. Cela en dit long. Exemple récent: les calculs pour la construction du viaduc de Millau ont été effectués par un bureau d’étude wallon, basé à Liège.

Mais les politiciens wallons ne regardent pas tous vers la France. Ils se sont même distingués jusqu'à présent comme d’ardents défenseurs de la Belgique et de sa monarchie.

Thayse : « Ils se sont tus jusqu’à présent mais, la Wallonie n'a pas de tradition royaliste mais bien républicaine. Ce n’est pas la Wallonie qui est royaliste, mais bien la bourgeoisie francophone de Wallonie (de Flandre aussi d'ailleurs). La bourgeoisie francophone occupe les médias à tous les niveaux en Communauté française. La Belgique constitue sa raison d'être, la monarchie sa police d’assurance. Prenez la RTBF. Les postes clés ne sont pas occupés par des Wallons mais par des francophones ayant des parents ou grands-parents flamands »

Les partis francophones traditionnels ont-il peur de vous ?

Thayse : « Je le pense sincèrement. Voyez l'attitude du Ministre Président wallon, Jean-Claude Van Cauwenberghe (PS), dans son livre au sujet de la Wallonie. Il y consacre pas moins de 16 pages à dénoncer le réunionisme. C'est là un grand honneur qu’il nous fait. »

Elio Di Rupo est-il sur la même longueur d'onde que Van Cauwenberghe ?

Thayse : « Di Rupo garde plusieurs fers au feu, tout comme le MR du reste. La volonté de Di Rupo est de poursuivre l’aventure belge, et de préférence sous la forme d’un royaume. Mais si cela ne pouvait pas se faire, la Wallonie devrait poursuivre sa route en tant qu’état indépendant ou réunie à la France. Les deux tendances coexistent au sein du PS. Voyez l’ancien Ministre Président wallon Robert Collignon. Il n’a jamais caché sa préférence pour une réunion de la Wallonie à la France. Van Cauwenberghe lui, est un régionaliste. Pour lui, la Wallonie peut se s’auto-suffire en cas de nécessité. »

Que gagnerait Bruxelles à ce réunir, elle aussi, à la France ? Ne serait-il pas économiquement rentable pour elle d’être absorbée par la Flandre ou de devenir un district européen ?

Thayse : « Les Bruxellois choisiront eux même leur destinée le moment venu. Mais nous sommes persuadés que Bruxelles a tout à gagner d’une réunion à la France, même si je reconnais honnêtement que très peu de Bruxellois soutiennent cette idée. Cela vient notamment du fait que le FDF a toujours promu l’idée d’un Bruxelles autonome au sein d’un état belge de moins en moins fort. Faire de Bruxelles un district européen constituerait une erreur. L'Union Européenne n’est pas un Etat et ne peut donc pas administrer un territoire. De plus, l’administration par des instances de l’Union entraînerait inévitablement une anglicisation rapide de la ville. Enfin, le seul exemple existant, le « district of Columbia » à Washington démontre que cette entité est construite pour les bureaucrates qui y travaillent plutôt que pour les habitants qui y vivent.

Ne vaudrait-il pas mieux pour la Wallonie et Bruxelles de poursuivre l’aventure au sein d’une petite Belgique continuée après l’indépendance de la Flandre ?

Thayse : « La petite Belgique continuée devra elle aussi lutter contre le mal belge, tout comme la Wallonie doit déjà le faire à l’heure actuelle. La bureaucratie, les politiques de subventions, le clientélisme local, tous ces maux ont déjà été transférés du niveau belge au niveau wallon. J’habite à Nivelles. Tout est déjà « arrangé » pour que le prochain maire soit socialiste. Et puis il y a ce centralisme bruxellois. Prenez une carte des chemins de fers ou des routes et autoroutes : tous les chemins mènent à Bruxelles. »

Le centralisme est aussi présent en France.

Thayse : « Le centralisme parisien n’est plus. Les régions de France ont acquis ces dernières années un très large niveau d'autonomie mais sans sacrifier à l’idéal républicain d’Egalité (entre régions notamment). L'Etat central français investit massivement dans les régions en difficulté pour amener ces dernières au niveau du reste du pays. A titre d’exemple: la Bretagne, Le Nord Pas-de-Calais, la Lorraine. Même Le Louvre est à présent régionalisé et ouvre un musée dans le nord à Lens. »

A l’heure de la scission de la Belgique, ne sera-t-il pas difficile d’établir de nouvelles frontières ?

Thayse : « Je lis dans la presse francophone que la scission de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde est pour les Flamands un dossier symbolique. Pour nous il est plus que cela. L’Histoire démontre que les frontières régionales ont une tendance systématique à devenir des frontières d’Etat. Voyez ce qui s’est passé en Europe de l’est. Il n’en reste pas moins vrai que les frontières de Bruxelles sont floues et cela devra être réglé une fois pour toutes le moment venu. Que cela soit politiquement extrêmement difficile est une évidence. »

Le partage de la dette ne sera pas simple non plus.

Thayse : « C’est vrai. Mais il n’y a aucune raison de craindre cette discussion. Lorsque nous avons pris congé des Hollandais, neuf ans ont suffit pour mettre tout le monde d’accord sur le sujet.

Vous présenterez-vous aux élections municipales de 2006 ?

Thayse : « Cette décision n’est pas encore prise, mais cela n’est certainement pas exclu. Non pas que nos candidats brigueraient tel ou tel poste, mais parce que chaque participation à des élections, favorise le débat d’idées et par conséquent la diffusion des nôtres.

Quelles sont les couleurs du RWF ?

Thayse : Bleu, Blanc, Rouge. Ce n’est pas difficile (en français dans le texte).


Stefaan HUYSENTRUYT

Le Rassemblement Wallonie-France/Bruxelles-France (RWF/RBF) a été créé en 1999 par Paul-Henri Gendebien, pionnier de la création du Rassemblement Wallon (RW). Une partie des mandataires du RW a quitté le parti en novembre 1976 car il le trouvait trop à gauche. Ces mandataires créent avec les libéraux francophones de l’époque (PLP) le PRLW qui deviendra le PRL.

Le RW ne survivra pas au schisme de 1976. Fin 1981, Gendebien lui-même, tourne le dos à ce qui reste du RW pour marquer sa désapprobation à la constitution d’un cartel électoral avec le FDF.

Le RW croyait en la Belgique fédérale, une croyance que Gendebien a perdu au fil du temps. En 1999, il crée le RWF/RBF dont il a été jusqu' il y a quelques semaines le Président. Il est donc le President-Fondateur du RWF. Claude Thayse, un spécialiste dans le contrôle de qualité dans les hôpitaux a été élu récemment et lui succède donc à la présidence. Lors des élections fédérales de 2003, le parti a obtenu 1,2% des voix en Wallonie et à Bruxelles. Aux élections régionales et européennes de 2004 il a récolté 1 %. Le RWF/RBF compte un millier de membres. Pour son financement, le parti est exclusivement dépendant des cotisations de ses membres et de donations. Les revenus et les dépenses annuels s'élèvent, selon Claude Thayse, à 5.000 euros environ.


Texte original


'WE KUNNEN NIET STOMWEG BELG BLIJVEN':RWF/RBF BEREIDT FRANSTALIGEN VOOR OP AANSLUITING BIJ FRANKRIJK

De arresten van de Raad van State over de rondzendbrief-Peeters bewijzen het eens te meer: Vlaanderen is op weg een onafhankelijke staat te worden. Maar als Vlaanderen onafhankelijk wordt, waar moeten de Franstaligen dan heen? De oprichting van een onafhankelijk Wallonie of het voortbestaan van een klein-Belgie zijn mogelijkheden. Maar veel beter is aansluiting te zoeken bij Frankrijk, zegt Claude Thayse, de nieuwe voorzitter van het Rassemblement Wallonie-France/Bruxelles-France (RWF/RBF). Zijn uitdrukkelijke ambitie: de Franstaligen voorbereiden op het einde van Belgie.

De arresten van de Raad van State over de rondzendbrieven-Peeters en -Martens zorgen andermaal voor communautaire tsoenami's. Maar zal het niet andermaal koelen met of zonder blazen? Het einde van Belgie is al zo vaak aangekondigd en toch bestaat dit land nog altijd.

Claude Thayse: 'Dat is precies wat de traditionele Franstalige partijen zeggen. Ze houden de Walen en Brusselaars in onwetendheid. Wij willen dat Walen en Brusselaars op het einde voorbereid zijn. De kloof tussen Vlamingen en Franstaligen wordt steeds groter. We gaan naar een vriendschappelijke scheiding. Op een bepaald ogenblik zullen de Vlaamse partijen de communautaire agenda van het Vlaams Belang volgen. Maar intussen blijven de Franstalige partijen de traditionele Belgische unitaire staat promoten die nooit heeft bestaan. Het is veelzeggend dat de Vlaamse partijen hun zwaargewichten naar de Vlaamse regering hebben gestuurd, terwijl de Franstalige politieke zwaargewichten in de federale regering terug te vinden zijn.'

'De schuld voor al wat fout gaat in dit land, wordt door de Franstalige partijen steevast in de schoenen van de Vlamingen geschoven. Maar dat klopt niet. Want al wat fout gaat in het Franstalig onderwijs, in de bestrijding van de werkloosheid, op cultureel vlak... is de schuld van de Franstaligen zelf. Dat zijn immers hun eigen bevoegdheden. Neen, de Vlamingen zijn onze tegenstrevers niet. Het is hun goed recht meer autonomie te eisen. Zolang ze maar de mensenrechten respecteren.'

U volgt als voorzitter Paul-Henri Gendebien op. Houdt hij het voor bekeken? Gelooft hij er niet meer in?

Thayse: 'Toch wel, meer dan ooit zelfs. Maar als voorman van het Rassemblement Wallon heeft hij destijds veel vijanden gemaakt. Hij denkt dat zijn persoon een obstakel is geworden voor de verruiming van de partij. Bovendien heeft hij met het doorgeven van de fakkel het signaal willen geven dat het RWF/RBF meer is dan een eenmanspartij.'

Wie koopt een lidkaart van het RWF/RBF?

Thayse: 'We hebben twee soorten leden. Ten eerste zijn er de burgers die op basis van een politieke analyse tot de slotsom zijn gekomen dat als Vlaanderen onafhankelijk wordt, Walen en Brusselaars niet stomweg Belg kunnen blijven. Vergeet niet dat het Waalse nationalisme nooit echt heeft bestaan en er in Wallonie steeds een grond van affiniteit met Frankrijk is geweest. Een tweede soort leden, en dat is recentelijk, zijn mensen die lid geworden zijn uit schrik voor de opgang van het Vlaams Belang. Maar op vrees kan je niet bouwen en ik denk dan ook dat dit soort mensen niet lang lid zal blijven.'

Waalse of Waals/Brusselse onafhankelijkheid zien jullie niet zitten? Is het economische draagvlak te klein?

Thayse: 'De onafhankelijkheid van Wallonie en Brussel is een mogelijkheid, maar ze draagt niet onze voorkeur weg. In de eerste plaats omdat onafhankelijkheid tot een serieuze inlevering zou leiden. Onze economen hebben berekend dat, als je uitgaat van de transfercijfers van KBC, een onafhankelijk Wallonie de belastingen met 16 tot 20 procent moet verhogen. Bovendien voelen we ons ook gemakkelijker in een groter geheel, een geheel dat landen verenigt die Frans spreken. Het is opvallend dat heel wat Franstaligen onze analyse delen, maar er tegelijk aan toevoegen dat het nu te vroeg is. Ze hebben ongelijk. Belgie bestaat al 175 jaar als Engelse uitvinding tegen Frankrijk. Dat kan niet blijven duren. We gaan geen bommen gooien he. Maar de mentaliteit moet wijzigen.'

Hoe denkt u de Franstaligen op het einde van Belgie te kunnen voorbereiden?

Thayse: 'Door te sensibiliseren. Tot dusver zijn we erg gecentraliseerd bezig geweest. Maar in de toekomst stellen we overal in Wallonie en Brussel contactpersonen aan. Die zullen reageren op de politieke en sociaal-economische gebeurtenissen in hun omgeving. Dat zal de mensen doen nadenken. Kijk, het is er ons niet om te doen absoluut een politiek mandaat in de wacht te slepen, wel om een boodschap, een overtuiging mee te delen. We hebben allemaal al een beroep, waar we van houden en dat we liefst willen behouden.'

Ondersteunt de Franse staat u?

Thayse: 'We worden niet door de Quai d'Orsay gefinancierd. Niet dat de Fransen geen belangstelling hebben voor ons. Maar er is nog zoiets als de regel van niet-inmenging in de binnenlandse aangelegenheden van een ander land. Bovendien, als de Fransen ons geld zouden aanbieden, zouden we dat weigeren. We willen ze niet in moeilijkheden brengen.'

Waarom zou Frankrijk geinteresseerd zijn in Wallonie en Brussel?

Thayse: 'Er is geen land dat niet wil groeien. Een groter land betekent een land dat meer gewicht heeft in de EU. Bovendien zou een uitgebreid Frankrijk dichter bij de Europese beslissingscentra in Brussel zitten en een langere grens met Duitsland hebben. Bovendien worden de Waalse en Brusselse kennis en kunde in Frankrijk ten zeerste gewaardeerd. 40 procent van de Waalse bedrijven heeft Franse eigenaars. Dat zegt genoeg. De berekeningen voor het nieuwe viaduct over Millau zijn door een Waals studiebureau gemaakt.'

Maar de Waalse politici lonken helemaal niet naar Frankrijk. Ze hebben zich ontpopt tot fervente verdedigers van Belgie en zijn monarchie.

Thayse: 'Er wordt nu zedig over gezwegen, maar Wallonie heeft wel degelijk een republikeinse en geen royalistische traditie. Niet Wallonie is koningsgezind, wel de Franstalige bourgeoisie, ook die in Vlaanderen trouwens. De Franstalige bourgeoisie bezet in de Franse Gemeenschap de media op alle niveaus. Belgie is haar bestaansreden, de monarchie haar verzekeringspolis. Neem de RTBF. De sleutelposten daar worden niet ingenomen door Walen maar door francofonen, die bovendien vaak Vlaamse voorouders hebben.'

Zijn de traditionele Franstalige partijen bang van u?

Thayse: 'Ik denk het wel. Kijk naar het boek van de Waalse minister-president, Jean-Claude Van Cauwenberghe (PS), over Wallonie. Hij spendeert niet minder dan 16 bladzijden aan de bestrijding van het rattachisme. Dat is veel eer voor ons.'

Zit Elio Di Rupo op dezelfde golflengte als Van Cauwenberghe?

Thayse: 'Di Rupo houdt verscheidene ijzers in het vuur, net als de MR overigens. Het liefst wil Di Rupo met Belgie verder, als het even kan als koninkrijk. Maar als dat niet lukt, kan Wallonie nog altijd onafhankelijk worden of aansluiting zoeken bij Frankrijk. Beide strekkingen zijn in de PS vertegenwoordigd. Robert Collignon, gewezen Waals minister-president en gewezen Waals parlementsvoorzitter, steekt zijn liefde voor Frankrijk niet weg. Van Cauwenberghe is een regionalist. Volgens hem kan Wallonie het zo nodig op eigen kracht redden.'

Wat heeft Brussel te winnen bij een aansluiting bij Frankrijk? Kan het economisch niet beter partij kiezen voor Vlaanderen, of een Europees district worden?

Thayse: 'De Brusselaars moeten uiteindelijk zelf beslissen voor welke formule ze kiezen. Maar wij zijn ervan overtuigd dat ook Brussel alles te winnen heeft bij een aansluiting bij Frankrijk. Al moet ik eerlijk toegeven dat er in Brussel maar weinig steun bestaat voor dat idee. Dat komt onder meer door het FDF, dat een 'autonoom' Brussel in een Belgisch staatsbestel voorstaat. Van Brussel een Europees district maken, zou een miskleun zijn. De EU is geen staat en kan dus moeilijk een stad besturen. Bovendien zou een EU-bestuur tot een verengelsing leiden. Ten slotte is het ook een slecht model voor de ontwikkeling van een stad. Kijk naar Washington DC, een stad die er meer is voor de ambtenarij dan voor haar eigen inwoners.'

Doen Wallonie en Brussel er bij een Vlaamse onafhankelijkheid niet beter aan verder als klein-Belgie door het leven te gaan?

Thayse: 'Ook klein-Belgie zal met de Belgische ziekte te kampen hebben. Net als Wallonie er nu al mee te kampen heeft. De bureaucratie, de subsidiepolitiek, het getouwtrek tussen de verschillende bekkens, het lokale gearrangeer, het is allemaal gewoon van het Belgische naar het Waalse niveau overgeplant. Ik woon in Nijvel. Nu al is 'gearrangeerd' dat mijn volgende burgemeester een socialist wordt, wat er ook gebeurt. En dan is er nog het enorme Belgische centralisme. Neem de kaart van de autowegen of van de spoorwegen: alle wegen leiden naar Brussel.'

Het Franse centralisme mag er anders ook zijn.

Thayse: 'Het Parijse centralisme heeft afgedaan. De regio's in Frankrijk hebben de voorbije jaren meer autonomie gekregen en er is ook nog zoiets als het republikeinse gelijkheidsideaal dat in Frankrijk erg blijft leven. De Franse centrale staat investeert massaal in de regio's in moeilijkheden om ze op gelijke hoogte met de rest van het land te brengen. Voorbeelden zijn Bretagne, Le Nord-Pas de Calais, Lotharingen. Zelfs het Louvre wordt nu geregionaliseerd en krijgt een filiaal in het Noord-Franse Lens.'

Wordt bij het uiteenvallen van Belgie het vastleggen van de grenzen geen aartsmoeilijke klus?

Thayse: 'Ik lees in de Franstalige pers dat de splitsing van Brussel-Halle-Vilvoorde voor de Vlamingen een symbooldossier is. Maar het is meer dan dat. Want regionale grenzen hebben de neiging staatsgrenzen te worden. Kijk naar wat in Oost-Europa is gebeurd. Maar het klopt dat de grenzen van Brussel wazig zijn en dat ze op een dag duidelijk getrokken moeten worden. Dat dit politiek moeilijk ligt, is duidelijk.'

Ook de verdeling van de schuld is bij een scheiding niet eenvoudig.

Thayse: 'Ook dat is duidelijk. Maar er is geen reden tot paniek. Toen we van de Hollanders afscheid hebben genomen, heeft het negen jaar geduurd voor we het eens geraakten over de verdeling van de schuld.'

Komen jullie op bij de gemeenteraadsverkiezingen van 2006?

Thayse: 'Dat is nog niet beslist. Het is niet uitgesloten. Niet omdat we op postjes uit zijn, wel omdat deelnemen kan helpen bij het verspreiden van onze ideeen.'

Welke kleuren verdedigt het RWF/RBF?

Thayse: 'Blauw, wit, rood. Ce n'est pas difficile.'

Stefaan HUYSENTRUYT

HET RASSEMBLEMENT WALLONIE-FRANCE

Het Rassemblement Wallonie-France/Bruxelles-France (RWF/RBF) werd in 1999 opgericht door Paul-Henri Gendebien, die eerder al mee aan de wieg stond van het Rassemblement Wallon (RW). Een deel van de mandatarissen van het RW stapte in november 1976 uit de partij uit onvrede met, wat zij noemden, de 'te gauchistische koers' die toenmalig RW-voorzitter Gendebien voerde. Samen met de Franstalige liberalen, toen de PLP, richtten ze de PRLW op. Later werd dat de PRL. Het RW overleefde de scheuring van 1976 niet en bloedde langzaam dood. Eind 1981 keerde Gendebien het RW trouwens zelf de rug toe uit protest tegen het verkiezingskartel dat zijn fel verzwakte partij toen vormde met het FDF.

Het RW geloofde in een federale Belgische staat, een geloof dat Gendebien gaandeweg verloor. In 1999 richtte hij het RWF/RBF op, waarvan hij tot voor enkele weken voorzitter was. Nu is hij 'president-fondateur'. Als voorzitter werd hij opgevolgd door Claude Thayse, een specialist in kwaliteitscontrole in ziekenhuizen.

Bij de federale verkiezingen van 2003 haalde de partij 1,2 procent van de stemmen in Wallonie en Brussel, bij de Europese en deelstaatverkiezingen van 2004 was dat 1 procent. Het RWF/RBF telt zowat 1.000 leden. Voor haar financiering is de partij afhankelijk van de lidgelden en van schenkingen. De jaarlijkse inkomsten en uitgaven bedragen volgens Claude Thayse om en bij 5.000 euro.


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