Semaine du 2 au 9 octobre 2005

Démission de Jean-Claude Van Cauwenberghe


Jean-Claude Van Cauwenberghe, Ministre-Président de la Région wallonne, a été emporté par les effets dévastateurs du système féodal à la construction duquel il a lui-même assidûment contribué et qui gangrène, depuis des décennies, le fonctionnement des institutions.

Certains, parmi les partis politiques traditionnels font également mine de découvrir des pratiques clientélistes connues de tous et que la plupart ont pourtant cautionnées.

Il ne faut pourtant pas croire que l'électeur wallon - volontairement peu éclairé - nourrit une secrète admiration pour cette classe politique qui érige la subornation en modèle de gestion.

L'heure n’est pas à l'inquisition. Si on met au pilori celui dont la faute fut de n'avoir pas su empêcher que n'éclatent au grand jour les turpitudes de ses amis, d’autres préparent déjà dans l’urgence un contre feu sensé distraire et rassurer l’opinion publique en proposant un « Code sur le devoir d'éthique des mandataires politiques locaux ». C’est oublier que si tous les partis traditionnels se disent en principe favorables à des principes de déontologie des mandataires publics, il faut constater que pour la Chambre et le Sénat, depuis 2002 (!) le rapport de la Commission mixte sur la « déontologie du mandat politique » est bien restée lettre morte à ce jour. Or, ce sont bien les mêmes !

Le mal wallon, aujourd'hui, est politique, autant sinon davantage que socio-économique.

Les dérives constatées à Charleroi ne sont que les symptômes d’une maladie grave et incurable du système politique « à la belge ».

Comment croire à la sincérité de ceux qui en vivent et prétendent le réformer. Il est pourtant temps de réagir. Et pas seulement à cause du risque réel que l'extrême droite fait courir à la Démocratie. Le système belge a, en réalité, déjà intégré cette menace.

L'affaire de « la Carolo » est une chance pour la Wallonie. Elle est révélatrice de son besoin de révolution structurelle et institutionnelle. Cette « révolution culturelle », le RWF la propose aux Wallonnes et aux Wallons. Faire de la Wallonie une région prospère peuplée de citoyens fiers de leur identité, acteurs de leur histoire, participants à l'égal des autres peuples au devenir d'une nation.

L'affaire de « la Carolo », parce qu'elle dénonce les déviances d'un système malade, usé, sans projet mobilisateur, sans valeur ajoutée démocratique prouve que loin d'être une utopie, le pari du RWF parce qu'il est radicalement différent, est nécessaire à l'avenir de chacun d'entre nous.

Quand bien même les députés wallons aspireraient-ils à des réformes radicales, on est en droit de douter de la volonté des partis officiels de les autoriser... C'est pourquoi nous continuons plus que jamais de penser que la Wallonie n'accédera à la citoyenneté républicaine que par son extraction du bourbier belge.

La très haute ambition, que mérite son peuple peu gâté jusqu'à présent, le conduira à la France. Car la France, c'est la République et réciproquement.

Claude Thayse,
Président du RWF

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