Du 9 au 15 février 2004
Une semaine d’enfer pour les libéraux flamands
Chez les flamands d’abord. L’homme fort du VLD, Karel De Gucht, après un baroud d’honneur (de déshonneur ?) s’est d’abord retrouvé président « demi-portion » de son parti, désavoué par ses amis – difficile de dire une chose et d’en faire une autre –, écarté par la pression de ses partenaires gouvernementaux.
Et pourtant, il semble bien que la Flandre dans sa grande majorité approuve ses idées.
Et pourtant, les sondages sont défavorables au VLD, allez-y comprendre quelque chose ! A moins que… le vieux dicton qui dit que les gens préfèrent toujours l’original à la copie ne soit vrai ?
Ça expliquerait les gains annoncés dans les sondages pour le Vlaamse block et aussi par le nouveau cartel CD&V-N-VA.
Une semaine de grâce pour les ultra-flamands…
Le CD&V, le parti de Jean-Luc Dehaene, fait peau neuve. Il scelle un cartel électoral avec la Nieuwe Vlaamse Alliantie (N-VA) de Geert Bourgeois, parti nationaliste et séparatiste. Au programme : régionalisations en série.
Geert Bourgeois ne fait pas mystère de ses intentions : « Notre cartel s’oppose à la domination wallonne ». Le président du CD&V, Yves Leterme, veut concrétiser toutes les revendications adoptées par le parlement flamand : régionalisation des soins de santé et des allocations familiales, de l’impôt des personnes et des entreprises. Parmi celles-ci, la SNCB, une fois que les infrastructures flamandes auront été complètement rénovées. Tiens, ça rappelle la régionalisation des travaux publics, la Flandre se sert et puis, on régionalise. Van Cau et Michel(s) peuvent chaque fois crier victoire !
En Flandre , la campagne sera communautaire
Et pendant ce temps là, en Wallonie et à Bruxelles…
Tout va bien, le ronron habituel !
On ravale la façade des provinces. On se gausse de Collignon qui va jusqu’à Paris, au Sénat, pour dire : « Attention savez-vous ! Heu… si vous fâchez les Wallons, heu… vous allez voir, heu…on va finir par s’énerver… »
Heureusement, il y a le MR qui nous a bien distrait. Enfin un parti qui est fidèle à ses slogans. L’ancien président et ex-président de la Région bruxelloise montre l’exemple. La rage taxatoire, il est contre. C’est courageux, tous les pontes du parti l’ont reconnu.
Pour continuer dans sa campagne en faveur du bi-partisme, Louis Michel laisse même entendre que toute cette affaire résulte d’une basse manœuvre du CDH. La meilleure défense, c’est de dire la vérité ?
La vérité: c’est une affaire privée, mais qui est publique parce que Daniel Ducarme est un homme public. Même s’il y a eu des malveillances, il y a les faits, suffisamment graves pour ne pas chercher à créer du brouillard autour. Lorsqu’au MR, on salue le « courage de Daniel Ducarme » (pour avoir démissionné), on pousse le bouchon trop loin. Démissionner était la moindre des choses qu’il avait à faire !
Le MR est aussi, comme le PS d’ailleurs fidèle à ses choix des dernières élections fédérales : « Belges et fiers de l’être ». La Wallonie, la Communauté française, les régions, ils n’en n’ont cure. Bilan d’une législature, 4 Ministres présidents à Bruxelles, 7 ministres de la culture à la Communauté, quelques remaniements à la région wallonne où le rêve de ceux qui y sont en fonction est de la quitter pour « monter » à Bruxelles…
Sinon rien de spécial… Ah si quand même ! Comme tous les quinze jours, un journal a titré : « Le rattachisme, jamais ! » Cette fois, c’était Van Cau et le Vif qui unissaient leurs efforts dans un article sur l’évolution institutionnelle de la wallonie. Article d’une rare indigence.
En Wallonie, tout va bien. Nos voisins flamands sont charmants et discrets. Les enfants se disputent, jouent ou font des échanges dans le bac à sable - Je te prends ton Fournaux, je te donne mon Ducarme. Ecolo (quoi Ecolo ?) rien. Le PS, rien non plus, discret lui, il attend son heure.
En Wallonie , heu… quelle campagne ?
La Belgique reste décidément le paradis du surréalisme !
Claude Thayse
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