Le calme avant la tempête?


Du 16 au 22 février 2004

Visiblement Louis Michel n'a plus la baraka. A peine débarqué à Bruxelles National au retour d'une mission pour aller saluer Khadafi et Sharon (rentrés dans le giron des gens redevenus fréquentables) et faire un stop à Chypre "pour apporter la caution et l'expertise de la Belgique dans la réunification de l'île", selon le propos du ministre au "Soir", le voilà plongé dans une problématique totalement imprévue. Très drôle et prétentieux de la part de notre pays de vouloir apporter à l'extérieur une "expertise" communautaire qui est loin d'avoir été chez nous une réussite. Attendons les menaces que fait peser le président semi-déchu du VLD au lendemain des prochains rendez-vous électoraux.

L'incident De Gucht pèse lourd sur la viabilité de l'équipe violette dont il hypothèque la survie au lendemain du 13 juin. C'est ce qui rend nerveux le Tarass Boulba de Jodoigne qui s'est souvent profilé comme l'éventuel successeur de Verhoofstad. Une perspective fort lointaine aujoud'hui. Et d'autant plus vraisemblable que les événements ne jouent pas en faveur du MR. L'affaire Ducarme est devenue empoisonante pour ce parti qui ne sait plus par quel bout la traiter. Le plus facile consiste sans doute à nier les faits. A peine arrivé à Zaventem, prenant ses rêves pour la réalité, le gros matou brabançon nie qu' ily ait eu une " secousse Ducarme". Selon lui : tout a été règlé à Bruxelles avec la désignation de M.Simonet. Et d'ajouter: "je pense que tout rentre dans l'ordre". Mais visiblement à l'occasion de ce grave accident de parcours qui risque de peser lourdement dans la campagne électorale, Louis Michel semble ne pas remarquer qu'il s'est pris les pieds dans le tapis par la hâte dans laquelle il a tenté d'expliquer l'inexplicable, créant ainsi une seconde affaire dans l'affaire. Que n'a-t-on pas dit: que l'intéressé a pris ses responsabilités en démissionant, que la faute reconnue est presque pardonnée, qu'il y a eu manque de rigueur comme cela existe dans le milieu artiste, que cela relève non du domaine public, mais du privé...

Et c'est sur cet aspect privé que Louis Michel argumente dans "Le Soir" en précisant qu'il avait appris par la presse, en octobre dernier que Daniel Ducarme avait connu quelques problèmes financiers suite à son divorce et, qu'ayant interrogé l'intéressé, celui-ci lui avait donné tous ses apaisements. Vraie ou fausse cette réponse? Dans la première hypothèse, il est permis de penser que les services de Louis Michel sont peu perspicaces et que leur patron est pour le moins naïf. Dans la seconde, sachant qu'il y a eu fraude et récidive persistante, il aurait alors tout mis en oeuvre afin que l'information soit retardée le plus longtemps possible et sûrement jusqu'au lendemain des élections.

Mais patatras, il y eu l'indiscrétion de Vers l'Avenir qui a mis à mal toute la stratégie pré-électorale du MR. On a alors accusé le CDH de la responsabilité de la fuite, cela sous le prétexte que le journal namurois de tendance chrétienne a été dans le passé assez proche du PSC. Agitant la menace, le MR à son tour a signifié qu'il pourrait faire des révélations pouvant déstabiliser le CDH. Mais le grand méchant loup ne serait pas là. On susurre avec insistance le nom d'Hervé Hasquin qui n'en est pas à son premier coup tordu. On se rappelle le vacarme énorme fait dans le "Le Soir" autour d'un faux-vrai scoop du même Hasquin à propos d'une démarche de l'éditeur liégeois Georges Thône auprès des autorités de Vichy , opération visant compromettre les milieux réunionistes. Et le RWF singulièrement. Manoeuvre dénoncée par Paul Henry Gendebien.


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