
Nous savons tous que le vote de 1945, dit sentimental, était bien celui de la raison.
Après tout, le choix d'une patrie, n'est ce pas un choix éminemment raisonnable
Où en sommes-nous aujourd'hui ? Y a t il encore d'autres options d'avenir possibles comme l'ont pensé ceux qui ont manipulé les conclusions du congrès de 1945 ?
Le fédéralisme est-il vraiment achevé ? L'histoire est-elle enfin finie comme le rêvent - pour des raisons différentes les Happart, Reynders, Van Cauwenberghe, Milquet, Di Rupo ou encore… Cobourg ?
Il aura fallu ainsi plus de quarante ans à la Belgique pour se doter d'un régime politique boiteux que certains constitutionnalistes hésitent encore à qualifier de fédérai, alors que d'autres le voient déjà comme confédéral. Ou encore, comme les milieux économiques flamands influents qui annonceront tout prochainement leur volonté de se diriger vers deux Etats indépendants (Bruxelles étant inclus, dans leur esprit et leur logique, dans la. Région flamande)
Ils ont certes raison pour la Flandre, elle sera un Etat indépendant. Pour elle, le fédéralisme belge n'est qu'un régime auquel elle se résigne de manière transitoire. Une fois suffisamment forte, elle pourrait même disposer d'une colonie avec l’aide empressée de celui qui ne les appelle déjà plus que « nos amis néerlandophones ».
Mais, s'il ne fait guère de doute que la Flandre sera un Etat, il n'en va pas de même pour la Wallonie et pour Bruxelles.
Les greffons fédéralistes posés sur la mentalité unitaire qui prédomine du côté francophone, n'ont pas pris. Quand on entend l'actuel et tout provisoire Ministre président intérimaire et obligé de la Région wallonne dire qu'il faut redresser la Wallonie pour sauver la Belgique, il indique par là que la Wallonie n'est pas sa première préoccupation. Pas plus que Bruxelles pour laquelle -quoi qu'on en dise, la limitation aux 19 communes a déjà été acceptée implicitement lors de la dernière négociation sur sa périphérie.
Et on ne parle plus des Fourons. . . bien évidemment !
Le précédent Ministre président de la Région wallonne a eu beauté répandre dans les médias pour dire- après avoir clamé que tout allait mieux -il n'en était pas à une contradiction près - que sans le fédéralisme, c'aurait été bien pire. Force est de constater que ce fédéralisme n'a pu qu'enrayer quelque peu la progression de ce qu'on peut véritablement appeler le « mal belge ». Ce mal belge qui nous a tellement coûté. Ce mal belge qui nous a fait passer du rang de deuxième puissance économique mondiale à… ce que nous sommes aujourd’hui.
Ceux qui ont détourné les conclusions du congrès de 45 voyaient dans le combat wallon un combat pour la survie de la Belgique. Ceci explique peut-être cela.
Quoi d'autre alors ? L'indépendance ?
Quelle indépendance ?
C'est que, contrairement au rêve que nourrissent les derniers régionalistes, la Wallonie n'est pas et ne sera jamais une nation. Les Wallons ne le veulent pas, ils n'y pensent même pas. Ils sont culturellement Français. Toutes nos références, même celles des adversaires de notre cause sont là, en France !
L'indépendance, est-elle possible économiquement ?
Les centres moteurs se sont déplacés à l'extérieur de notre Région. Liège et Charleroi ne sont plus que des pôles secondaires de développement. Les centres principaux se trouvent maintenant à Cologne, Luxembourg, Bruxelles ou Lille.
Avec un chômage supérieur à celui de l'Allemagne de l'Est (19% en moyenne), savez-vous que tous les indicateurs économiques sont au rouge - oui, au rouge, cruelle coïncidence, c’est aussi la couleur du parti dominant de^puis 18 ans.
Le PIB par Wallon est en déclin sur toute la dernière décennie, c’est pareil pour la part relative du PIB wallon dans PIB belge, pareil pour le revenu disponible par Wallon.
Nos pôles industriels restent en déclin malgré la perfusion européenne. Notre taux d'emploi est un des plus faible de l'Union européenne.
Mais, ne nous résignons pas !
Comment aussi imaginer une chance d'indépendance avec un parti dominant qui ne parle de redresser la Wallonie que pour sauver la Belgique ? Croyant ainsi faire plaisir aux Flamands. Il faut bien amadouer les Maîtres !
Un parti qui a absorbé le Mouvement wallon et dont la direction en trahit à chaque occasion les idéaux. Sans vergogne.
Et, c’est aussi ça le mal wallon. Il n’y a plus d’opposition, tous les autres partis traditionnels se tenant en réserve, en partenaires potentiellement dociles.
"Soyons clairs ! Ils ne sont plus dignes d'arborer le coq sur leur drapeau. Une autruche ou plutôt un caniche - un encore, un tout petit - leur conviendrait mieux !
Non, tout ça confirme que l'avenir des Wallons et des Bruxellois n'est plus dans le cadre belge... Même transitoire. Surtout transitoire.
Qu'est ce que ça changerait, en effet ?
C'est qu'à côté de trop rares réussites ponctuelles dans la gestion de certains dossiers, les dirigeants de la Wallonie n'ont pas su, n’ont pas pu - ou n'ont pas voulu - éradiquer les vices de fonctionnement de l'ancienne, mais toujours si actuelle Belgique. Ils les ont reproduits, ils les ont amplifiés, ils les ont aggravés :
Citons simplement le lotissement partisan de la fonction publique, mais aussi des conseils d'administration de certaines sociétés privées, le clientélisme, le saupoudrage intense des crédits et des subventions, la confusion totale entre partis et administrations, la suprématie des présidents de partis sur les gouvernements.
Enfin, n'oublions pas le désintérêt, voire la dérision, à l'égard de l'identité wallonne et de la politique culturelle.
Et pendant ce temps là. La Région Nord Pas de Calais, si proche, si voisine et si semblable, considérée comme si sinistrée par les politiciens et médias belges a, elle, entamé un redressement spectaculaire. Redressement que seule permet une vraie solidarité nationale que nous ne verrons plus jamais dans le cadre belge.
Quelques chiffres, un indicateur simple mais parlant : l'évolution du taux d'emploi sur la dernière décennie. A part Béthune, légèrement en recul, la hausse est générale et s'accélère. +5,3% pour Roubaix, + 9,3 % pour Dunkerque, +15 % pour Valencienne, + 29,6 % pour Boulogne. Et Lille, avec seulement 15,4% d’augmentation. Ce qui fait concrètement, rien que pour cette seule agglomération, une hausse de 33000 emplois.
Entendons-nous bien, nous n'appelons pas la France à notre secours. Notre choix est un choix positif, ce que nous voulons, en plus d'être ce que nous sommes, Wallons et Bruxellois, c'est être Français. La réunion à la France n'est en rien une simple "dissolution" dans l'ensemble hexagonal mais au contraire une adhésion libre et volontaire à la République et l'accession au rang et à la qualité de régions françaises à part entière
Nous réclamons le droit de nous choisir un État garant actif des libertés et organisateur des solidarités, notamment au travers de l'école, de services publics égalitaires et performants et de la citoyenneté active.
Demain, Wallons et Bruxellois en France, Français dans le Monde, n'est ce pas là un projet qui respecte enfin notre identité profonde ?
Evoquons sans fard cette nécessité d'un changement de régime. Les affaires, les événements récents, la dégradation des mœurs politique, la dégradation de notre tissu économique et social, en montrent d'ailleurs toute l'urgence et illustrent l'impasse dans laquelle nous a conduit le vote imposé, et dit de raison, de 1945.
60 ans après, ce que le régime continue à vouloir occulter est toujours bien présent dans la mémoire collective de notre peuple. Le vrai choix de raison, le choix de la France, n'est pas oublié.
Le vote final de 1945, fut un choix de discipline, ce que Charles Plisnier a appelé « une expérience ultime ». Celle-ci a été faite. C’est un échec !
Le flambeau est maintenant repris.
Mes amis, nous ne commémorons pas seulement un moment historique. Nous fêtons un événement fondateur, celui du début de la marche des Wallons vers la République française.
Le Rassemblement Wallonie-France vous invite maintenant à presser le pas.
Vive la Wallonie et Bruxelles françaises ! Vive la République, Vive la France !